Bienvenue sur Destination Egypte !

Ma passion pour l'Egypte et sa grande histoire est intimement liée à mon vécu, sept années durant, en Libye, à Tripoli. Pour une jeune enfant, se retrouver en Afrique, loin de la France dans les années 1975, où les gens ne partaient que très rarement à l'étranger, cela était une grande expédition ! Puis, comme beaucoup, vint la classe de 6ème au collège, et là, tout le mystère qui puisse planer sur cette civilisation me subjugua. J'eus, alors, mon premier livre sur l'Egypte des pharaons. Je rêvais de ce pays à travers les livres, jusqu'en avril 2000, où je pus, enfin, découvrir l'Egypte en voyage organisé sur un périple de deux semaines. A la fin du séjour, lorsque l'avion quitta la tarmac de l'aéroport du Caire, je me mis à pleurer comme une enfant quittant ses parents. Je sus alors, que j'y retournerais. En effet, depuis, je fais en sorte de pouvoir m'y rendre tous les ans, seule, en toute liberté, et m'enivrer de toutes ses beautés que je partage ici avec vous. Je vous souhaite un agréable voyage !



Egalement à découvrir : le Blog de Sylvie Barbaroux

Le Nil

L’Egypte ne serait rien sans son fleuve, le Nil, le plus long du monde avec ses 6 700 km. D’après les expéditions britanniques du XIXème siècle, le Lac Victoria en Tanzanie serait sa source.

C’est au Soudan que les fleuves le Nil Blanc et le Nil Bleu s’unissent pour donner naissance au fabuleux ruban aquatique séparant en deux l’Egypte d’est en ouest, pour au nord du pays, s’effilocher dans les zones marécageuses du Delta, avant de se jeter dans la Mer Méditerranée.

Les rivages du Nil offrent des paysages étonnants !

Le Nil est peu profond et son fond est sablonneux, ce qui nécessite des bateaux de croisière à fond plat. Les felouques ont, par conséquent, une quille très peu prononcée.



Parfois, des îlots ornent le lit du fleuve, et accueille du bétail que les paysans amènent brouter et paître. Les bestiaux sont chargés dans les felouques pour faire la traversée !



Cette embarcation nilotique est très utilisée, encore à notre époque. Elle est le lien indispensable du passage d’une rive à l’autre. Sa grande voile blanche triangulaire happe, avec aisance, le léger vent.





Sa rive droite n’est que sable ! La chaîne de montagne fait une frontière naturelle entre la végétation, l’eau et le Désert Libyque (cf onglet « Désert Libyque » dans « L’Egypte ») qui s’étend juste derrière elle.



Sa rive gauche est verdoyante de cultures diverses : palmeraies, bananeraies, manguiers, champs de blé, de maïs, de canne à sucre, de luzerne, de henné, etc…



En Egypte, le temps semble réellement s’être figé pour l’éternité :

Des habitations, en briques de pisé fabriquées dans le pays, n’ont guère changé depuis l’époque pharaonique. Une grande cour centrale laisse les animaux de la ferme se mouvoir tranquillement en cohabitant avec les habitants. Les pièces de la maison cerclent la cour. Les palmiers ombragent le lieu.



Les femmes lavent le linge et font la vaisselle au bord de l’eau, tandis que les enfants se baignent, s’amusent en riant aux éclats !

Le four collectif cuit les galettes de pain traditionnel, l’aish.

Des hommes, dans leur petite barque, pèchent. Ils sont toujours par équipe de deux : un tient les rames, un autre jette le filet et le remonte aussitôt. Cette scène est un tableau ancestral : elle correspond tout à fait aux représentations gravées dans les mastabas de Saqqarâ (cf dossier « Basse-Egypte » dans « L’Egypte »).





D’autres égyptiens, en gallabiah (djellabah bleue ou blanche portée uniquement par les hommes et confectionnée par leur épouse) s’affèrent aux champs. D’adorables ânes tournent en rond toute la journée pour actionner le chadouf (système d’irrigation ancestral), et parfois, un homme utilise la saquieh pour irriguer ses cultures. Le drame aujourd’hui est qu’à cause du Barrage d’Assouan, il n’y a plus de crue, donc plus de limon. Les paysans sont contraints d'utiliser des engrais chimiques pour fertiliser la terre, ce qui pollue l’eau du fleuve qui est maintenant contaminée par un bacille très dangereux. Les égyptiens poussent la plaisanterie jusqu’à déclarer :

« L’eau du Nil nous rend malade et tue les étrangers ! »



La nonchalance égyptienne saute aux yeux des touristes. La vie quotidienne est aussi paisible que les flots du fleuve mythique. Et le silence en fait davantage apprécier la sérénité.

La Douleur Nubienne - Nubie



Le nom Nubie vient du mot hiéroglyphique Nub, qui signifie Or.

Avant de devenir une région égyptienne, la Nubie était un pays divisé en deux régions.

Au sud, à partir de la 2ème cataracte, le Pays de Kouch, formait la Haute-Nubie, à la frontière soudanaise, avec pour capitale, Napata.

Au nord, de la 1ère à la 2ème cataracte, le Pays de Ouaouat, avait Qasr Ibrim pour capitale. Le Pays de Ouaouat était le Pays de l’Or. Les mines enrichissaient les rois et pharaons de l’Egypte envahisseuse en soumettant à l’esclavage les Nubiens.

De 1898 à 1902, les Anglais, alors colonisateurs de l’Egypte, érigèrent le premier barrage à Assouan – le Pont des Anglais – qui immergea des temples nubiens et obligèrent les peuples de cette région à quitter leurs villages, qu’ils reconstruisirent plus en hauteur. Ce fut le premier exode inévitable de ce peuple. Ce barrage ne suffisait plus à stocker les millions de m3 de retenue d’eau. Aussi en 1971, le Président Nasser, avec les équipes techniques russes, inaugura le Haut Barrage d’Assouan, qui se situe à quelques kilomètres plus au sud du premier. Le peuple nubien subit alors un nouvel exode dramatique. 60 000 nubiens quittèrent leurs racines pour s’exiler au Caire, à Assouan, à Alexandrie, et y perdirent leur propre langage, n’étant pas considérés, auparavant, comme Egyptiens. Seuls de rares familles demeurant dans des petits villages bien en hauteur ont pu éviter un second malheur.

Heureusement que l’Unesco, avec le soutien d’André Malraux, réagit pour la sauvegarde , entre autre, des temples d’Abou Simbel. D’autres équipes scientifiques françaises, avec les compétences de la brillantissime Mme Christiane Desroches-Noblecourt, et surtout allemandes s’attelèrent pour sauver des eaux les autres temples que vous allez découvrir.

Le Lac Nasser - Nubie



Votre découverte archéologique sur le Lac Nasser se déroulera de Kalabsha, au nord, jusqu’à Abou Simbel afin de vous offrir l’Apothéose !! Pour les connaisseurs, ne vous inquiétez pas pour Philae, le site se trouve dans la rubrique « Haute-Egypte ».

Quatre sites historiques sont visitables sur cinq, l’intrus étant Qasr Ibrim ; des fouilles sont en cours.

Bonne croisière à tous !

Le Site de Kalabsha - Nubie

Kalabsha se trouve sur la rive gauche du Nil. Ce site est composé de trois temples et d’un kiosque :

- Le temple de Mandoulis (dieu nubien), le plus grand des trois
- Le kiosque de Kertassi
- Le temple de Ramsès II
- Le temple de Beit el Ouadi


LE TEMPLE DE MANDOULIS



Le temple de Mandoulis est le premier temple nubien a avoir été sauvé des eaux. Ce fut l’Allemagne qui s’en chargea en 1963. L’Egypte, pour la remercier, lui offrit « la Porte de Kalabsha » exposée au Musée de Berlin. Le temple fut découpé en 16 000 blocs de grès qui furent transportés par bateaux pour reconduire le temple vingt kilomètres plus au sud.



Le dieu Mandoulis est un dieu nubien, Marol est son nom ancestral, dieu de la Fertilité comme l’était Min pour les anciens Egyptiens. Sa représentation est un oiseau à tête humaine coiffée d’une couronne étrangement semblable à celle des Ptolémée.



Au temple Mandoulis, une longue allée de marches vous guide jusqu’au grand pylône.

Au début de l’ère chrétienne, l’Empereur romain Auguste se servit d’un ancien temple de la XVIIème dynastie pour ordonner l’édification de ce temple.

Passons le premier pylône pour pénétrer dans la cour.

A droite, un texte de l’an 148 après Jésus Christ, le Décret de Sélkou, premier roi nubien, demandait à ce que les porcs soient prohibés dans la ville de Talmis, ancien lieu originel du site de Kalabsha.

La salle hypostyle (à colonnes) est une cour aujourd’hui ouverte, le plafond s’étant écroulé lors d’un tremblement de terre. Il y avait douze colonnes dont seulement huit y ont résisté et restent dignement dressées.

Sur les murs se succèdent les sculptures murales de Mandoulis, d’Isis couronnée des cornes de la déesse Hathor, du disque solaire de Rê et du siège, inscription hiéroglyphique de son nom, puis Osiris, leur fils Horus coiffé du pschent et Nephtys, sœur d’Isis et Osiris.

La conservation des gravures est spectaculaire.

Dans la cour se trouve un nilomètre qui permettait de surveiller le niveau de la crue afin de prévoir les impôts d’après les récoltes. Si la sècheresse venait à arriver, c’était la ruine du pays, la catastrophe économique et la famine.

Sur les parois murales, des gargouilles étaient en hauteur.






LE KIOSQUE DE KERTASSI



Il ressemble au Kiosque de Trajan, de l’île de Philae, que vous découvrirez dans la rubrique « Haute-Egypte », avec une différence notable : les chapiteaux de ses colonnes sont hathoriques (représentation de la tête de la déesse vache Hathor, déesse de la Beauté, de la Musique et de l’Amour).

Le temple fut déplacé lui aussi comme tous les autres à l’exception de celui de Qasr Ibrim.




LE TEMPLE DE RAMSES II



Ce temple se composait de douze colonnes. Vous pouvez remarquer que sur les deux longueurs du temple apparaissaient des colonnes ramessides assez grossières en comparaison des beautés dont il nous a habités! Cinq modestes architraves ont été reposées sur les chapiteaux des colonnes dont une, sur la gauche de la photo a la forme lotiforme (chapiteau à l'aspect de la fleur de lotus ouverte).


LE TEMPLE DE BEIT EL OUADI

Une marche dans le sable ocre et mou d’un kilomètre et demi est nécessaire pour y parvenir, à moins de profiter d’une petite promenade à dos de dromadaire proposée par les nubiens qui ne vivent que du tourisme, et vous proposent quelques objets artisanaux typiques.

Ce temple est celui de Séthi 1er, père de Ramsès II, pharaon plus vaillant que son égocentrique fils ! Séthi 1er fut vainqueur d’une Bataille de Kadesch. Son fils, c’est moins certain !

Ce temple est un hémispéos, un temple creusé dans la roche avec une cour extérieure.

Sur les murs intérieurs, celui de droite, des dessins sculptés magiques où la finesse des visages des prisonniers asiatiques et libyens sont marqués par la souffrance ! Ramsès II y est représenté : il s’est même accaparé le temple de son père…

Sur l’autre mur à votre gauche, des scènes narrent la victoire de Ramsès II sur le pays de Kouch, la Nubie et ses habitants, au visage négroïde, offrant des offrandes à Pharaon en guise de soumission.

Vous pénétrez, maintenant, dans le sanctuaire, le naos fut transformé en chapelle chrétienne. Les couleurs des peintures sont splendides.

Trois représentations humaines au fond du naos : il s’agit du dieu Rê-Horakhty, du dieu Amon et au centre, RamsèsII.

Le Site de Ouadi es Seboua - Nubie

Le site se situe sur la rive gauche du Nil. Et possède deux temples :

- Le temple de Ouadi es Seboua
- Le temple de Dakka
- Le temple de Maharraqa


LE TEMPLE D'OUADI ES SEBOUA



Ici, le sable, les temples et les statues ont une couleur ocre presque orangée, tandis que le ciel domine par son bleu turquoise se reflétant dans les eaux toujours calmes du Lac Nasser.

Ouadi es Seboua signifie la « Vallée des Lions ».

Un premier temple situé à gauche a son naos creusé légèrement dans la montagne de grès. Il était dédié à Ramsès II, déifié puisque un pharaon est dieu vivant, à Amon et Rê-Horakhty.

Sur le lieu, une splendide allée de sphinx coiffés de la couronne nubienne vous accueille.



Sur les façades murales du premier pylône, les prisonniers nubiens sont sculptés vers le sud, tandis que les prisonniers asiatiques le sont vers le nord.

Dans la cour, se trouvent quatre sphinx à tête de faucon et dix statues de Pharaon. Les murs, autour, sont recouverts de peintures représentant Ramsès II et sa grande épouse royale, Nefertari.

Les statues de Ramsès II ne sont pas des représentations sous forme osirienne. Plus en détail, Ramsès I avait la position d’Osiris avec les pieds serrés l’un contre l‘autre et les bras pliés sur le torse, mais sans bandelette de momie. Il est vêtu de sa somptueuse jupe maintenue par une ceinture dont la boucle centrale est le cartouche royal « Ouser-Maât-Rê ». Cette posture avait pour but d’effrayer les ennemis et les incroyants en voyant sa représentation de mi-vivant, mi-mort !

Les magnifiques peintures sont souillées par la suie des cierges que les Chrétiens allumaient lorsqu’ils se servirent de cette salle comme chapelle.

Dans le sanctuaire, Ramsès II se tient debout et présente ses offrandes aux dieux. Au-dessus de la niche, une barque sacrée est peinte avec délicatesse.



Dans le naos, le Saint des Saints, sur les murs latéraux, Pharaon est devant la barque sacré et offre des fleurs au dieu nubien Rê-Horakhty (représentation d’un corps d’homme à tête de faucon couronné du disque solaire, Celui qui salue le soleil naissant). Les couleurs sont splendides.

Dans une niche, trois statues représentent Pharaon entouré d’Amon et de Rê-Horakhty.

Une peinture représente un tableau où la trace du Christianisme a détruit l’époque pharaonique : Saint Pierre avec les clefs du Paradis.

Quittons le site de Ouadi es Seboua pour faire une marche de deux kilomètres, toujours dans le sable mou, et rendons-nous au temple de Dakka.


LE TEMPLE DE DAKKA

Le temple de Dakka a été construit sur une petite colline. Il domine l’étendue bleue turquoise du lac à la droite de l’entrée, et sur la mer de sable à gauche.

Il s’agit de l’unique temple situé au nord. Un autre dieu nubien, Thoth, de la ville de Pnoubs (autre ville du pays de Kouch), où il était vénéré.

Dans cette région, il y a bien longtemps, de nombreux animaux sauvages y vivaient : tigres, éléphants, girafes, petits singes, autruches…, aujourd’hui, quelques crocodiles du Nil survivent, les serpents venimeux, les scorpions, de beaux petits oiseaux, de nombreux poissons.



Les tableaux muraux de temple sont splendides. Les représentations du cobra et du vautour symbolisaient le dieu du Nord et celui du Sud.

Ces deux points cardinaux étaient ainsi représentés en divinités égyptiennes : Onuris avec quatre plumes sur la tête, et les déesses Sekhmet (la lionne) et Isis.

Le temple fut érigé par Ergaménès. Un roi nubien. L’empereur Auguste, plus tard, le compléta.

Il se compose d’un pylône imposant sans gravure. A l’époque antique, il devait y avoir une allée bordée de sphinx.

Puis, vient la cour principale avec gravures, en assez mauvais état.

Une seconde cour, autrement nommée pronaos, est ptolémaïque, datant de Ptolémée VIII.

Ensuite, vous avez la première chapelle avec des décorations plus soignées.

Derrière le naos, les chrétiens y firent installer une porte pour accéder à la chapelle.

La terrasse est ouverte au public (moyennant bakchich !). Vous y aurez une vue magnifique sur le lac où les pêcheurs remontent leurs filets poissonneux.




LE TEMPLE DE MAHARRAQA



A l’est du temple de Dakka se présente un petit temple : le temple de Maharraqa dédié à la déesse Isis.

Il n’en reste plus que la salle hypostyle qui contenait quatorze colonnes symbolisant les quatorze morceaux du corps d’Osiris coupés et éparpillés dans le Nil par son frère Seth, le dieu du Mal.

Dans cette salle, se trouve le seul escalier en colimaçon d’Egypte qui conduisait au premier étage.

Le Site d'Amada - Nubie



Le site est composé de deux temples et d’un tombeau :

- Le temple d’Amada
- Le temple de Derr
- Le tombeau de Pennout


LE TEMPLE D'AMADA

Le temple d’Amada fut sauvé des eaux dans les années 1960 grâce à la scientifique française Madame Christiane Desroches-Noblecourt, et à l’aide financière de la France.

Un coffrage fut construit tout autour de l’édifice qui fut décollé du sol, puis posé sur un traîneau tiré sur des rails, sur 2km600, jusqu’à son nouvel emplacement actuel. Ce qui évita de devoir le découper et endommager les peintures magnifiques, considérées comme les plus belles de Nubie et d’Egypte !

Le temple date de la XVIIIème dynastie, construit sous Thoutmosis III et Aménophis II.

Trois tableaux ont été volés et toujours pas retrouvés.

Les dieux Thot et Rê-Horakhty donnent le bain royal au pharaon.





Pharaon est représenté avec sa crosse et son flagellum, et court vers le dieu Amon, qui l’attend assis dignement.

Pharaon offre l’Ankh, la croix de la Vie, symbole de la vie éternelle, à sa propre personne couronnée en dieu nubien Mandoulis et accompagné de Rê-Horakhty.

Scène de la procession de la Barque Sacrée, comme lors de la Fête d’Opet de Karnak à Louxor, que vous découvrirez dans la rubrique Haute-Egypte.

La barque est portée par des prêtres nubiens et le pharaon. La transparence des vêtements prouve la délicatesse artistique des artisans égyptiens. Les pieds des personnages sont chaussés de délicates sandales.





Le pharaon est sous l’arbre de Vie, le perséa, pour régénérer sa puissance et son pouvoir.

Dans le temple sont présents les dieux et déesses suivants :

Hathor, Isis, Thot, Ptah, Sekhmet, Mout, Min.




LE TEMPLE DE DERR

Ce temple est un spéos, creusé dans la montagne. Il fut déplacé de onze kilomètres et date aussi de Thoutmosis III.

Il ne reste que quatre colonnes sur douze de la salle hypostyle.

Le vestibule est soutenu par six piliers. Il n’a pas la beauté du temple précédent.

Dans le sanctuaire, il est impossible de reconnaître l’identité des quatre personnages représentés.


LE TOMBEAU DE PENNOUT

Pennout était un vice-roi du pays de Ouaouat.

Délicates peintures représentant les membres de sa famille.

Le tombeau est à 14km de son emplacement initial.

Le Site de Qasr Ibrim - Nubie



Qasr Ibrim a une histoire riche.

Ce fut Taharqa, un roi nubien de la XXVème dynastie, de 690 à 664 avant Jésus Christ, et cinquième roi de cette dynastie éthiopienne de la Basse Epoque, qui fit édifier son temple au sommet de la colline d’Ibrim, à 70 m de hauteur.

Ce temple fut par la suite fortifié, d’où le nom de « Qasr », la Forteresse.

Vinrent ensuite les Romains présents partout. Ils s’y installèrent jusqu’à ce qu’un traité soit écrit stipulant que Qasr Ibrim devait être rendue à la Nubie. Au VIIème siècle de notre ère, le Christianisme arriva jusqu’ici et fit du temple une cathédrale pour la Vierge Marie. Vous apercevez d’ailleurs les arcades et les nefs sur la photographie.

Arrivèrent les Arabes. Salah el Dine, autrement appelé Saladin, menait les Croisades dans le pays de l’Est et n’épargna pas la nubie.

En 1173 après JC, il confia le commandement à son frère Shams el Dawla pour conquérir Ibrim et la soumettre. Ce fut une victoire.

Les Arabes épargnèrent le lieu grâce à un autre traité.

Ce fut en 1528 que Qasr Ibrim devint musulmane lorsque les Bosniaques s’y établirent et transformèrent la cathédrale en mosquée, fondant une ville tout autour.

Les Mamelouks, fuyant Mohamed Ali, expulsèrent tout le monde de Qasr Ibrim qui resta à tout jamais abandonnée !

C’est depuis cette invasion bosniaque, qu’encore aujourd’hui, il y a des nubiens aux yeux bleus !

Le site est fermé au public par mesure de sécurité et surtout, parce que des fouilles archéologiques très importantes y sont toujours menées.

Sur la rive opposée, au loin, il y a la nouvelle ville de Toshka, où un grand canal d’irrigation devrait nourrir les sables du Désert Libyque jusqu’à Farafra (cf dossier « Désert Libyque » dans « L’Egypte »). Un travail pharaonique au budget monumental…

Le Site d'Abou Simbel - Nubie



L’APOTHEOSE DE VOTRE DECOUVERTE DE LA NUBIE !

Sur le rivage, vous devinez, à fleur d’eau, leur ancien emplacement que le lac a englouti.

Entre 1964 et 1968, les temples furent découpés avec minutie en milliers de morceaux puis remontés à une soixantaine de mètres plus haut afin d’être épargnés de la désastreuse noyade, avant que le Haut Barrage d’Assouan soit définitivement mis en service.

Une fausse colline en béton fut érigée pour permettre la reconstitution du site originel. Aujourd’hui, les bateaux de croisière s’amarrent au niveau des creux qui dessinent les contours des anciens emplacements.

Beauté ! Apothéose ! Grandiose ! Les superlatifs manquent pour définir la splendeur du site.

Le site d’Abou Simbel se compose de deux temples :

- Le temple de Ramsès II
- Le temple de Nefertari


LE TEMPLE DE RAMSES II

C’est pour ses 34 ans de règne, soit quatre années après son jubilé, que Ramsès II fit édifier ce temple.

La façade gigantesque est constituée de quatre colossales statues du pharaon assis et digne du haut de ses 20 mètres.

Une des statues a eu une partie du torse et la tête brisés lors d’un tremblement de terre.

A ses pieds, de petites statues sont à l’effigie de Nefertari, sa grande épouse royale, et de leurs enfants.



Au-dessus de la porte d’entrée, la statue du dieu Rê-Horakhty guette l’horizon.



Pharaon est coiffé du pschent.





Sur les parois latérales de l’allée extérieure, avant de pénétrer dans le temple :

Sur la droite, sont gravés des prisonniers nubiens, les bras ligotés dans le dos, agenouillés devant Pharaon.

Regardez bien le détail de l’extrémité des cordes du cou : elle représente le papyrus, symbole de la contrée du Sud.



Sur la gauche de la même allée précédemment indiquée, vous avez une file de prisonniers asiatiques, dans la même posture que les nubiens.

Le lien autour de leur cou a la fleur de lotus, symbole du Nord.





Bienvenue chez Ramsès !

Dans cette salle à Piliers, huit statues osiriennes, hautes de 8m, bordent l’allée centrale ( 4 de chaque côté).

Le plafond est magnifique, avec des aigles peints aux ailes déployées.



Un gardien nubien tient dans sa main la clef du temple en forme d’Ankh dorée, symbole de la vie éternelle.



Ramsès II soumet les prisonniers en les battant de sa crosse et en les tirant par les cheveux. La terreur se lit sur leur visage.



Tout en piétinant un ennemi, il bat un étranger en le tenant durement par un bras. Pharaon est représenté plus grand que ses ennemis asiatiques.



Tout à droite, le dieu de l’ombre, Ptah, semble surveiller en silence la scène d’offrande où Ramsès II présente viande, pain, encens à Amon-Rê, accompagné d’une déesse. RamsèsII tient dans sa main droite une plume, symbolisant la déesse Maât, la Justice, la Rectitude.



A droite de la photo, le dieu Min, dieu de la Fertilité représenté momifié, avec un seul bras et aux attributs masculins extrêmes. Derrière lui, le couple royal : toujours placée derrière son époux, Nefertari la reine à la couronne hathorique, et Pharaon avec le disque solaire d’Amon-Rê.



Ramsès II est agenouillé devant le dieu Thot, dieu ibis du Savoir et des scribes. Dans sa main gauche, le dieu tient l’ankh qu’il semble tendre à Pharaon.



Le dieu Rê-Horakhty bénit Pharaon.



Ramsès II fait des offrandes au dieu Rê-Horakhty.



Ramsès II est protégé par, à gauche, Rê-Horakhty et, à droite, Thot.



La fameuse scène où Ramsès II est sur son char tiré par deux chevaux (compter le nombre de jambes arrières) lors de la Bataille de kadesh. L’arc que brandit Pharaon est double car la force spirituelle du dieu Ptah le protège et l’accompagne durant cette guerre.



Voici les cartouches royaux de Ramsès II dont celui de droite indique : Ouser-Maât-Rê



Le superbe naos. Il se trouve au fond du temple.

A gauche, il s’agit de Ptah

Puis, en allant vers la droite, Ramsès II en Amon-Rê, Pharaon considéré comme un dieu vivant et, à droite, Rê-Horakhty.

Le temple était construit de façon à ce que tous les 20 octobre et les 20 février, lors des équinoxes, les deux statues centrales soient illuminées par le soleil naissant. Aujourd’hui, à cause du déplacement du temple, cet événement se produite tous les 22 octobre et 22 février.



Le plus majestueux et fantastique Son et Lumière de toute l’Egypte !!




LE TEMPLE DE NEFERTARI



Ce temple se situe à 50m de celui du pharaon Ramsès II.

Pour son grand amour, Nefertari, Ramsès II lui fit édifier ce temple, que la reine ne put admirer achevé : elle décéda avant.

Ce temple est dédié à la déesse Hathor, à tête de vache, déesse de la Beauté, de la Musique et de l’Amour.

Sur la façade d’entrée, le pharaon n’a surtout pas omis d’imposer sa royale personne en se représentant quatre fois et la reine, seulement deux fois, où elle est d’ailleurs coiffée de la couronne hathorique. Ces statues ont une hauteur de 11m.

A leurs pieds, se trouvent de petites représentations de leurs enfants.





L’intérieur est très nettement plus petit que le temple de Ramsès II. Cependant, la splendeur de conservation des peintures laisse rêveur.

Les colonnes sont des piliers où la tête d’Hathor domine. Ici, sur le plan gauche du pilier, le dieu Thot, dieu du Savoir et des scribes, se tient digne et porte le disque solaire au-dessus de sa tête.



Représentation de la déesse Hathor sur un des piliers.



Voici une représentation du couple royal : sur la droite, Nefertari joue du sistre et est coiffée de la couronne Hathorique. Devant elle, Ramsès II tend un bouquet de fleurs de lotus à la déesse, il est coiffé de la couronne de la Haute Egypte.

Dans le cartouche, en haut à gauche est inscrit son nom d’Horus, son nom de couronnement : Ouser-Maât-Rê. Au-dessus de la tête de Pharaon, le disque solaire et deux cobras symbolisent sa puissance royale.





La reine est protégée par, à droite, la déesse Isis et, à gauche, la déesse Hathor.

La délicatesse des gestes, des vêtements et des visages est tout simplement magnifique.



Nefertari est coiffée de la royale couronne où l’uraeus orne son front, avec l’emblème d’Hathor.

Elle joue du sistre.

Cet instrument très présent dans les représentations et temples dédiés à Hathor sont des hochets musicaux.

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