Assouan - Haute Egypte

Le gouvernorat ou province d'Assouan se compose, entre autres, de la ville d'Assouan, de l'île Eléphantine, de l'île de Lord Kitchener, d'Algilka où se trouve aujourd'hui le temple de Philae.

La ville d’Assouan fait partie de la Nubie. J’ai préféré l’insérer dans la rubrique « Haute Egypte », puisqu’elle se situe au nord du Haut Barrage et du Lac Nasser, vous offrant ainsi une ouverture sur la première cataracte du Nil et du Monde des Vivants !

Assouan est une ville balnéaire où le calme et la sérénité se mêlent aussi limpidement que le flot berçant les nombreuses felouques. Les Nubiens égyptiens offrent au Touriste un accueil chaleureux. La ville est petite et se trouve sur la rive droite du fleuve. Au beau milieu des eaux, vous découvrirez l’Ile Eléphantine et l’Ile Kitchener. Elle se trouve à 982km du Caire.

L’été y est chaud, et l’hiver doux. Ses spécialités culinaires sont délicates et parfumées.

Depuis l’Ancienne Egypte, Assouan est une ville stratégique par sa frontière avec l’Afrique (puisque l’Egypte fait partie du Moyen Orient), le Soudan et la Somalie.





Les habitants demeurent dans la ville qui longe la corniche.











Hormis le thé à la menthe, la grande spécialité en boisson est le karkadé. Il s’agit d’une décoction de fleurs d’hibiscus que l’on déguste aussi bien chaud que très frais. Des vendeurs en proposent en bordure de route (très déconseillé aux touristes à cause des glaçons).



La magnifique mosquée de Nasser domine la ville depuis une petite colline.







La Fête nationale égyptienne est le 23 juillet. Se déroule alors un défilé militaire assez pittoresque !!











Il ne faut surtout pas passer au travers de deux visites culturelles : la carrière de granit (noir et rose) où un obélisque inachevé dort toujours dans sa cuve, et le Musée Nubien très riche, où l’époque prédynastique, Napata, y est très clairement exposée jusqu’à notre ère, en passant par l’époque Ramesside, Copte et Musulmane.

Et l’on ne peut parler d’Assouan sans songer au majestueux et mythique hôtel : Old Cataract, où séjournent tous les chefs d’état du monde entier, et où Agatha Christie écrivit Mort sur le Nil.










L’ILE ELEPHANTINE

Cette île porte ce nom à cause de l’aspect de son rivage dont l’érosion l’a lissé en lui donnant l’image de l’éléphant, et surtout par l’important marché de l’ivoire qui était commercialisé sur cette île.



Il s’agit, en réalité, d’une ville jumelle à Assouan. Je souhaite l’intégrer dans ce chapitre puisqu’elle fait face à la ville d’Assouan.

De la petite embarcation populaire – el baladi – qui fait la navette d’Assouan à l’île, la vue sur le village nubien fait songer à un Saint Tropez égyptien !!







Le village nubien reflète pourtant une vie pauvre mais riche de courtoisie.







Depuis la nuit des temps, et comme dans toute l’Egypte, des jarres d’eau sont mises à disposition des passants pour s’hydrater. Ici, il s’agit de jus de mangue.



Sur l'Ile Eléphantine, vous serez guidés par l'odeur alléchante du pain de soleil qui gonfle au soleil et cuit dans le four traditionnel pendant que les femmes papotent et rigolent entre elles.









Avant de quitter l’Ile Eléphantine, visitez le musée qui expose des trouvailles archéologiques.

Le temple de Khnoum, victime lui aussi du tremblement de terre, garde pourtant sa noblesse historique.









Le temple a un nilomètre fort bien conservé. Le nilomètre permettait aux prêtres se surveiller les crues du Nil afin de calculer les impôts et de prévoir une sècheresse possible, qui ruinerait le pays.



Sur la rive gauche du Nil, le Désert Libyque est flagrant.



Sur l’Ile Eléphantine, la villa de la Begum (ancienne Miss France) fait face à l’imposant Mausolée de son défunt mari, l’Agan Khan III, où chaque jour, elle se fait escorter pour y déposer une rose.



A bord d’une felouque, se laissant voguer délicatement sur les eaux du dieu Hâpy, dans le sens du léger courant, l’île de Lord Kitchener.

Cet Anglais avait choisi Assouan pour profiter de son climat sec et chaud. Il acquit, alors, une île, où il y fit planter des arbres exotiques. Un véritable paradis pour les ibis.





En remontant vers le nord, de longues rampes gravées dans la montagne mènent à des tombeaux de princes nubiens.









Nous ne pouvons quitter Assouan sans aller admirer le temple de Philae.


LE TEMPLE DE PHILAE

Le temple de Philae se trouve à 7km d’Assouan. Pour y accéder, il est indispensable de prendre un bateau de l’embarcadère. Cette petite promenade vous laisse approcher de l’île d’Agilka, sereinement, et de commencer à attiser votre curiosité, car vous serez forcément conquis par la beauté du site.



Le temple de Philae est certainement le plus colossal de toute l’Egypte et le mieux conservé.

Ce temple est constitué de plusieurs petits temples dont vous n’en découvrirez qu’une infime partie.



Il fut édifié au IIIème siècle avant JC afin d’y vénérer la déesse Isis, déesse de la Famille, de la Maternité, la Mère universelle.

Ce lieu cultuel est le seul à avoir pu exercer les croyances antiques aussi longtemps, jusqu’à ce que l’empereur Théodose, au IVème siècle, ordonna sa fermeture, faisant de l’ombre au Christianisme.

Les siècles passèrent et le site fut transformé en église par les Coptes.



Le Kiosque de Trajan est majestueux. Certaines de ses colonnes ont gardé, malheureusement, les stigmates d’explorateurs des années 1822 et 1851, qui gravèrent leur nom sous les chapiteaux, à l’époque où le kiosque était ensablé. Il y avait déjà des graffiti, des tags…







Les chapiteaux sont une véritable merveille.







Le bateau accoste devant un escalier qui présente, à gauche, le kiosque de Nectanebo 1er et à droite, le temple d’Anensnouphis.

Vous voici dans le dromos qui est bordé de deux portiques.

En face de vous avec le Grand Pylône de Nectanebo aux sculptures gigantesques représentant Pharaon, Ptolémée II, en guerrier dominateur, faisant des offrandes au dieu Horus et aux déesses Isis et Nephtys. Ptolémée II, d’origine macédonienne, avait fait construire ce pylône pour sa tendre sœur, Arsinoé.

Au centre, vous avez la grande porte qui donne accès à la cour. La porte de gauche, plus petite, s’ouvre sur le mammisi (mot d’origine copte signifiant « La Maison de l’Accouchement ». Temple dans lequel, après l’union sacrée et magique d’un dieu et sa déesse, cette dernière allait allaiter l’enfant divin. Tous trois formant une Triade).



Vue sur l’entrée du mammisi.



Sur le Grand Pylône de Nectanebo, Horus est entouré de sa mère, Isis, à droite, et de sa tante, Nephtys, à gauche.



Nectanebo porte le pschent. Face à lui se trouvent Isis et Nephtys.



Le dieu Horus.



Le Kiosque de Nectanebo 1er aux colonnes hathoriques.



Colonne du portique gauche du dromos.



Splendides colonnes se trouvant autour de la cour qui mène au sanctuaire. Admirez l’originalité des chapiteaux où la tête de la déesse Hathor semble émerger d’un jardin !

En bas de la colonne de gauche, vous pouvez remarquer les symboles d’Isis et le Djed d’Osiris représentant « sa colonne vertébrale » donc la stabilité.



Dans la chapelle, un tableau mural présente Pharaon faisant des offrandes à la déesse Hathor.



Tout proche du Kiosque de Trajan, le petit temple de l’Accouchement avec un siège de Travail symbolique.



Vous voici dans le temple d’Hathor où sont représentés des musiciens. Je vous laisse les trouver et les admirer !!

Un babouin jouant du luth.



Un nain jouant du tambourin.



Le babouin et son luth.



Bès jouant de la lyre.



Un musicien et sa harpe arquée.



Un musicien et sa flûte.



Vue nocturne sur le Saint des Saints, le Grand Temple d’Isis.



Le Temple de Philae la nuit, pendant le Son et Lumière.



Tout autour du complexe rayonnent un nilomètre, la chapelle d’Osiris, le temple d’Auguste, des églises coptes, la porte de Philadelphe, le temple d’Imhotep.


LE SAUVETAGE DU TEMPLE DE PHILAE

De 1972 à 1980, l’Unesco démonta toutes ces beautés pour les sauver des eaux. Le paysage environnant autour de l’île est splendide. A quelques mètres sur la droite du Kiosque de Trajan, des piquets métalliques sortant de l’eau indiquent l’emplacement d’origine de l’île de Philae, à jamais ensevelie sous les eaux.